La compagnie des loups

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Après une longue pause de deux semaines où je n’ai lu pratiquement aucune pages sauf de ce recueil de nouvelle, je reprends le rythme habituelle de mes lectures petit à petit. Je ne saurais expliqué pourquoi ni comment mais le fait est que la période d’Octobre est assez souvent similaire à suicide créatif de ma part. Ajoutons à cela ce côté morbide de mes lectures passées qui, je dois l’avouer, m’ont causé un choc par leur contenu ; La Compagnie des loups est dans ce même registres où les phrases sonnent avec plus de célérité et de passion encore que L’Exorciste. C’est la quatrième de couverture séductrice qui tel un cercueil de beauté m’a ravie dans des contrées hors du temps, de l’espace ; un pays imaginaire où plusieurs histoire découlent d’une ambiance parcheminée à l’érotisme. Cependant oubliez tout de suite les Fifty Shade Of Grey ; celui-ci réside dans l’anonymat par l’implacabilité de ses tournures de phrases ô combien magnifiques. Un vrai régal pour la littéraire que je suis !

Je songe à la difficulté d’écrire un avis constructif sur un  recueil de nouvelles. Comment peut-on être juste en quelques paragraphes ? Comment vous faire comprendre la litanie esthétique dont recèle ce joyaux que je ne cesses de relire ou, tout du moins, certains passages. J’ai gribouillé presque toutes les pages car la magie des mots est on ne peut plus véridique et tient dans la subtilité, la poésie, l’effervescence, la profondeur des thèmes abordés. Grand amatrice de contes de fée, je suis tombée sur le trésor de tous fan qui se respectent, des nouvelles ni trop longues ni trop petites censées nous combler de leur bienfaits. Attention néanmoins, La compagnie des loups n’est pas à mettre entre toutes les mains surtout pas à celles d’enfants innocents car ce bijoux sécrète des réflexions très sombres, très difficiles à comprendre. Il a été d’ailleurs vaste pour moi et, je sais que, si je le relis, je découvrirais autre chose, d’autres sens ; définition même d’un chef d’oeuvre. Dans la préface est dit qu’Angela Carter avait étudié Sade durant ses études, en a fait une thèse publiée ; pourquoi s’occuper d’un écrivain véreux, d’un dangereux homme frisant le malsain dans tous ses textes ? Amoureuse de l’ingéniosité, de la créativité de certaines personnes je me suis pendue de joie par cette pensées égarée, philosophique de l’auteur qui, non sans tact nous explique que les femmes peuvent être libérer, deviennent le bourreau. Je ne suis pas aussi talentueuse qu’Angela et je vois bien que je rends ses paroles un peu incompréhensives. Il faut lire pour réaliser que ces nouvelles sont des perles.

Reprenant les contes célèbres de notre insouciance, c’est une fileuse de fils d’or qui relie l’esthétique au récit ; de Barbe Bleue elle en fait un monstre, de la Belle et la Bête elle en fait des êtres brisés où se complet un bout de la pensée de Sartre, Alice, Blanche-Neige, Le chat botté (cette nouvelle est la moins aimée), tous les personnages naufragés qui nous ont permis de grandir, de nous construire sont mis en scène par une atmosphère, une ambiance assez noir. Pas d’humour, pas de légèreté, nous entrons dans un temps imaginaire qui de limite n’en a pas. Ce sont des mots éparpillés qui prennent leur force dans ce que nous sommes, chacun interprétera de façon différentes quand bien même il y aura quelques minces filets de bonheur éparpillés. Ce livre est subjuguant non pas dans le sens où je n’ai pu le lâcher jusqu’au l’entièrement du jour mais par les passages d’une magnificence époustouflante où mon coeur battait, se rompait pour apprécier le chant des événements. Je crois que me répète mais je suis tombée amoureuse comme une belle écervelée de la plume aiguisée de l’écrivain. J’ai mangé, j’ai dégusté, j’ai aussi réfléchi sur la définition de certains mots, cela m’a motivé pour écrire, à attiser peut-être ma jalousie de m’avouer que je ne dépasserais sûrement pas ce talent un jour. Il est marrant de constater que je n’ai pas grand chose à dire, à analyser, la grande chose qui m’aura marqué est le style palpable de l’écrivain, transcendant les maux et transportant dans les limbes de la narration.

La magie de la littérature prend encore une fois son sens avec La Compagnie des loups qui, loin de se détériorer restera, je pense, un livre phare pour tous amateurs de contes transposés dans notre présent. D’ailleurs Angela, loin de reprendre au mot dit l’univers globale de ces récits d’apprentissage en métamorphose le sens : des jeunes filles enlevées mises aux mains des bourreaux qui prennent pouvoir à leur tour. C’est un essaie sur le féminisme, une satire sur l’illusion des hommes que de condamner la femme à rien d’autre qu’un corps. Ce recueil n’est pas dans le même genre que les livres que l’on vend aujourd’hui, contemporains, racontant une histoire, La compagnie des loups est bien plus, nous fait réfléchir sur des thèmes cachés, sur des secrets voilés, on en ressort grandi plus attisé. J’apprécie énormément la trilogie de Sarah Pinborough : Poison, Charme et Beauté ce dernier je dois bientôt lire et, à elles deux, développent une modernité à leur manière. Nous revenons à l’essentiel des contes de fée : celui de nous éduquer, de nous faire prendre conscience de certaines choses, par la richesse textuel chez l’une, par l’humour et l’intrigue chez l’autre. Choisissez, vous en ressortirez comblé.

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Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.

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Un chef d’oeuvre dont mes yeux raffolent, il était temps de vous avouer que pour la quatrième fois cette perle de littérature ne cesse de m’éblouir. Je plaide coupable, le film d’Adrien Lynn m’a aidé à relire cette pépite dans le sens où je l’ai regardé plusieurs fois pendant une semaine essayant de déceler les facettes de cette pellicule particulière qui m’a tant plu et éminemment respectueuse des éléments de l’ouvrage. Bien évidemment nous ne pouvions pas demander au réalisateur de choisir une petite fille de douze ans dans le rôle de Lolita car le livre, parlons-en, relate en effet l’histoire d’une relation pédophile. L’oeuvre dérange, fascine, déroute, horripile. Qui ne connait pas encore Lolita devrait se jeter sur les tables des marchands humant ses pages admirables !

Je ne suis pas de celle qui cautionne la pédophilie loin de là, et je pense que personne ne pourrait approuver un tel acte, pourquoi alors, ce livre fut un succès phénoménal à sa sortie dans les années 60 ? Tends-je à proposer une réponse dans ma diatribe, celle du style magnifiquement ouvragé qui nous est proposé dans les lignes de ce roman, celle de la poésie qui ensorcelle les lecteurs avides de beauté. Des sous-entendus effrayant par leur animalité et ce qu’ils rejettent de monstruosité, des métaphores coulant entre toutes les pages, de nombreuses figures de style à me faire pâlir par mon non talent face à un chef d’oeuvre encore gravé dans notre époque actuelle. C’est plus qu’un tableau de relation malsaine, ambiguë que ce coquin nous peint ; c’est une fresque gigantesque sur les mœurs des Etats-Unis il y a plus de cinquante ans environ. Et pourtant ! J’ai ressenti grandement les émotions des personnages, j’ai vécu la déroute, la vadrouille, les désirs de ce personnage richement complexe. J’ai assisté aux événements sans me lasser, prenant un temps large pour déguster les mélodies de cette littérature. Bien évidemment Lolita nous fait réfléchir, nous cogne sur la tête par ses nombreux secrets dépecés à chaque relecture, à chaque année. Je vous le dis, l’unique livre qui arrive à m’encenser, à me fasciner si un monstre des marécages me poursuit en me posant cette question redoutée, je lui déclamerais qu’il s’agirait de celui-ci !

Excepté ce côté affreusement scandaleux d’aborder un sujet malsain comme Nabokov a osé le faire ; c’est de son personnage principale, le narrateur qui interpelle, qui obsède, qui dégoûte par ses mémoires. Quatre fois ! Quatre fois lectrice pour découvrir que celui-ci portait tous les défauts de la terre ! De nombreuses discussions enchaînées par des amies, l’une me disait qu’elle l’exécrait, l’autre me disait qu’elle l’adorait… je m’embourbe dans la négation de l’affection pour une première fois. Humbert Humbert passionne les psys je n’en doute pas car il porte sur ses épaules toutes les maladies du monde : narcissisme, cruauté, sadisme… et pourtant il n’en demeure pas moins un homme avec toutes ses faiblesses. Quand on le remarque cela ne rend pas moins le livre plus effroyable. Comment a-t-il osé écrire des pages, noircir des pages pour exprimer un amour à une petite fille ; certes cela aurait été beau mais n’oublions pas le sujet principal. Cela traîne sur tous les mots ce goût métallique de la perversion et, les comportements de ces prédateurs sexuels sont concordant, très bien expliqués liés dans l’histoire elle-même. Par une explication (car je grappille des essaie sur de nombreux sujets) j’ai appris que dans les années 50 les gens ignoraient tout de la pédophilie, pour eux ce fut impensable de s’imaginer un acte pareil !

Le livre démontre encore une fois son pouvoir intemporel car ce sujet brûle sur toutes nos lèvres ou, tout du moins hante nos esprits quelques fois bien qu’il soit correctement tabou dans nos société : on n’en parle pas. Devrait-on lire ce roman sachant que ce sujet épineux est relaté d’une manière méticuleusement formidable par le style de l’écrivain ? Ou bien devrait-on s’offusquer pour une mise en abîme de ces monceaux de crimes ? Je ne préviendrais pas que les descriptions s’enchaînent, que certains risqueraient de laisser l’œuvre à le renverse par un flot de paragraphes qu’ils considéreront indignes d’être lu (je le répète dans ma démesure de fanatique à aime ces pages d’images ; la description est importante pour s’apercevoir du caractère et de l’état des personnages, en l’occurrence ceux-ci nous dépeigne une Amérique esclavagée par le rêve Américain qui est raillé par la plume de l’artiste). Je vous laisse à cette pépite si vous le courage vous en dit, un drôle étrange sentiment vous ceinturera l’abdomen quand vous le refermerez ; une expérience appétissante, dérangeant que Lolita.