Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins.

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Un chef d’oeuvre dont mes yeux raffolent, il était temps de vous avouer que pour la quatrième fois cette perle de littérature ne cesse de m’éblouir. Je plaide coupable, le film d’Adrien Lynn m’a aidé à relire cette pépite dans le sens où je l’ai regardé plusieurs fois pendant une semaine essayant de déceler les facettes de cette pellicule particulière qui m’a tant plu et éminemment respectueuse des éléments de l’ouvrage. Bien évidemment nous ne pouvions pas demander au réalisateur de choisir une petite fille de douze ans dans le rôle de Lolita car le livre, parlons-en, relate en effet l’histoire d’une relation pédophile. L’oeuvre dérange, fascine, déroute, horripile. Qui ne connait pas encore Lolita devrait se jeter sur les tables des marchands humant ses pages admirables !

Je ne suis pas de celle qui cautionne la pédophilie loin de là, et je pense que personne ne pourrait approuver un tel acte, pourquoi alors, ce livre fut un succès phénoménal à sa sortie dans les années 60 ? Tends-je à proposer une réponse dans ma diatribe, celle du style magnifiquement ouvragé qui nous est proposé dans les lignes de ce roman, celle de la poésie qui ensorcelle les lecteurs avides de beauté. Des sous-entendus effrayant par leur animalité et ce qu’ils rejettent de monstruosité, des métaphores coulant entre toutes les pages, de nombreuses figures de style à me faire pâlir par mon non talent face à un chef d’oeuvre encore gravé dans notre époque actuelle. C’est plus qu’un tableau de relation malsaine, ambiguë que ce coquin nous peint ; c’est une fresque gigantesque sur les mœurs des Etats-Unis il y a plus de cinquante ans environ. Et pourtant ! J’ai ressenti grandement les émotions des personnages, j’ai vécu la déroute, la vadrouille, les désirs de ce personnage richement complexe. J’ai assisté aux événements sans me lasser, prenant un temps large pour déguster les mélodies de cette littérature. Bien évidemment Lolita nous fait réfléchir, nous cogne sur la tête par ses nombreux secrets dépecés à chaque relecture, à chaque année. Je vous le dis, l’unique livre qui arrive à m’encenser, à me fasciner si un monstre des marécages me poursuit en me posant cette question redoutée, je lui déclamerais qu’il s’agirait de celui-ci !

Excepté ce côté affreusement scandaleux d’aborder un sujet malsain comme Nabokov a osé le faire ; c’est de son personnage principale, le narrateur qui interpelle, qui obsède, qui dégoûte par ses mémoires. Quatre fois ! Quatre fois lectrice pour découvrir que celui-ci portait tous les défauts de la terre ! De nombreuses discussions enchaînées par des amies, l’une me disait qu’elle l’exécrait, l’autre me disait qu’elle l’adorait… je m’embourbe dans la négation de l’affection pour une première fois. Humbert Humbert passionne les psys je n’en doute pas car il porte sur ses épaules toutes les maladies du monde : narcissisme, cruauté, sadisme… et pourtant il n’en demeure pas moins un homme avec toutes ses faiblesses. Quand on le remarque cela ne rend pas moins le livre plus effroyable. Comment a-t-il osé écrire des pages, noircir des pages pour exprimer un amour à une petite fille ; certes cela aurait été beau mais n’oublions pas le sujet principal. Cela traîne sur tous les mots ce goût métallique de la perversion et, les comportements de ces prédateurs sexuels sont concordant, très bien expliqués liés dans l’histoire elle-même. Par une explication (car je grappille des essaie sur de nombreux sujets) j’ai appris que dans les années 50 les gens ignoraient tout de la pédophilie, pour eux ce fut impensable de s’imaginer un acte pareil !

Le livre démontre encore une fois son pouvoir intemporel car ce sujet brûle sur toutes nos lèvres ou, tout du moins hante nos esprits quelques fois bien qu’il soit correctement tabou dans nos société : on n’en parle pas. Devrait-on lire ce roman sachant que ce sujet épineux est relaté d’une manière méticuleusement formidable par le style de l’écrivain ? Ou bien devrait-on s’offusquer pour une mise en abîme de ces monceaux de crimes ? Je ne préviendrais pas que les descriptions s’enchaînent, que certains risqueraient de laisser l’œuvre à le renverse par un flot de paragraphes qu’ils considéreront indignes d’être lu (je le répète dans ma démesure de fanatique à aime ces pages d’images ; la description est importante pour s’apercevoir du caractère et de l’état des personnages, en l’occurrence ceux-ci nous dépeigne une Amérique esclavagée par le rêve Américain qui est raillé par la plume de l’artiste). Je vous laisse à cette pépite si vous le courage vous en dit, un drôle étrange sentiment vous ceinturera l’abdomen quand vous le refermerez ; une expérience appétissante, dérangeant que Lolita.

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Le sujet m’a bloqué. Mais étant un classique, je l’aurai au moins lu. J’avais pourtant beaucoup apprécié le style de l’écrivain, mais ma sensibilité a été la plus forte.

    1. AMBROISIE dit :

      Je comprends tout à fait ce que tu me dis car la première fois j’ai eu la même chose, impossible de continuer quand j’ai réalisé que c’était pire que malsain !

  2. J’ai ce livre dans ma tsundoku (= PAL ), et daaaah, je meurs d’envie de le lire depuis des années, je ne sais pas ce qui me retiens ! Je me fais un peu languir encore en le repoussant, privilégiant certains livres qui traînent depuis un petit temps, mais c’est quelque chose de très étonnant. Même au début, je ne savais pas réellement le résumé, et j’étais fascinée, comme hypnotisée par le titre, par la couverture. J’ai toujours pressenti que ce sera une claque littéraire, un tournant dans ma vie de lectrice, un coup de coeur comme on en trouve peu. En même temps j’ai peur d’être déçue, vu les attentes monumentales que je lui mets. Pourtant, j’ai toujours eu cette certitude, c’est assez étrange..

    1. AMBROISIE dit :

      Mais il faut le lire maintenant ! Il est magnifique c’est mon coup de foudre, c’est le livre que j’aurai aimé écrire si j’avais le talent nécessaire. La couverture est magnifique mais celles anglo saxonnes sont encore plus belles ! Et tout le livre est juste hujnfke j’ai pas de mot pour t’exprimer tout mon amour pour ce roman. Il faut juste que tu saches qu’il est très cruel et très dérangeant quand tu réalises que le narrateur est un prédateur.

      1. Je ne doute pas une seconde du dernier point, je m’attends justement à être chamboulée psychologiquement puisqu’on suit le point de vu de cet homme malsain. Je pense que je ne vais pas tarder à le lire, mais pas maintenant (hi oui disouléééeeee ) mais c’est sûr que d’ici mars grand max je le lis !

      2. AMBROISIE dit :

        Ca devrait être ta prochaine lecture, tu manques vraiment quelque chose TT

      3. Mais mais mais… Mais mais… Mais aaaah. ;3; La culpabilité de pas lire Lolita tout de suite haha. J’ai deux livres en cours en même temps là, donc je vois pour les terminer et ensuite, peut-êtreeeee quuuue je succomberais à Nabokoooov.

      4. AMBROISIE dit :

        Oui ! et tu m’en diras des nouvelles !

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