Déménagement

Encore une fois, un changement s’opère : l’explication est assez compliquée mais disons que mon aimé m’a fait cadeau d’un nom de domaine sur un autre hébergeur wordpress.org et pas .com. Les deux étant liés je peux tout de même accéder à mon interface de wordpress.com. Je ne peux expliciter correctement car moi même je ne comprends pas vraiment, mais disons que j’ai deux blogs maintenant, les deux mêmes et je vous redirige vers celui qui est hébergé vers un autre serveur.

Envolée de page

Fay

51roh6lwpdl-_sx195_L’apaisement est anesthésié par un courroux ardent, une rage bâtie de fer blanc, de mots douloureusement simples, douloureusement pâles. La plume de Larry Brown sonne la trompette de la lassitude, les descriptions fades semblent étudiées pour percer au cœur du lecteur une simagrée de tromperie de qualité. La quatrième de couverture s’arrange pour un monde noir, glauque, malsain, une débandade d’émotions qui se révèlent, au final, une corolle de niaiseries, une eau calme, stagnante, croupie même. Alors la colère nait, pire encore, la phrase survient dans une pluie de culpabilité vite rejetée cependant : ce livre me fait mon temps. Rare sont les fois (deux) où un livre fut aussi abject à ma vision de la lecture, habituée à terminer, cette-fois ci j’ai lâché mollement, la jolie couverture me tombant littéralement entre mes mains tremblantes.

Il commençait bien cela dit, in médias res, la fillette vogue sur une rue désolée, rue américaine, paysage de campagne où les maisons s’entrechoquent par leur architecture homogène, elle est là, perdue, déboussolée, un oiseau sanglant dans la brume d’une matinée morne. On s’approche doucement, curieux de suivre ses pas tandis qu’elle donne, bienveillante, un billet symbolique sur la table d’une cuisine inconnue. Son périple se poursuit, prise par des loups dans une bagnole insipide, elle est cette gosse pas finie, un pied dans l’enfance sublime, un pied dans la tourmente d’une personnalité vide de sens, une psychologie incohérente. Les dialogues se poursuivent, la longueur, ensuite, de ce récit sans saveur s’inventent en grande conquérante. Des Ok se mêlent au « tu fais quoi », des questions routinières se mélangent des répliques vides, mortes. Alors l’espoir s’éteint, la flamme se délite dans une tornade de trahison. La quatrième de couverture disait… Oui elle s’exclamait d’une histoire saoule d’un voyage au cœur de l’enfer, par cette enfant se cherchant elle-même. J’attendais un roman d’initiation, voir un thriller ; une histoire émouvante, recherchée, construite sur des visuels malsains, des contrées en ruines, et les personnages façonnés par une plume auréolée de talent. Je n’ai rencontré qu’un style insipide, une tasse d’eau de mer, de flotte amère.

Je n’étais pas prête à cette médiocrité de pages et de pages, la longueur ne me dérange pas mais les routinières scènes me déplaisent, la littérature sublime le présent, embellit ou enlaidit les moments banals, discute avec le lecteur d’une vision de la vie, la littérature c’est la montagne sacrée d’une vie vécue par procuration, une invitation des mots à s’engouffrer dans un imaginaire devenant par magie une réalité intime. Ici ce fut un enfer, un Everest à franchir, un obstacle, un texte qui promettait quelques trésors, l’écrivain a souhaité écrire une observation de cette société américaine peut-être, mais les éléments flottent dans un lac de boue, les sujets sont traités en une phrase vite consumées par les dialogues transparents, énervant ensuite quand le lecteur perd patience. J’ai perdu le maigre lambeau de cette vertu que l’on nomme patience par un taux d’ennui largement supérieur à ce que je peux supporter. L’amour aussi est présent, mais là aussi, ce fut dramatique, un homme, une femme, certes ; mais les sentiments sont mornes, sans existence, éphémères, ils s’embourbent dans une intrigue en dent de scie, les scènes se montrant épiques, un summum de sensation n’offrent qu’un résidu de  désespoir. C’est à se cogner la tête contre un mur.

La couverture sauve le contenu en réalité, cette image aquarelle, mystérieuse ; le récit s’effondre dans un étau d’insuffisance, de maladresse, il est sans passion, il est pathétique de néant. Je suis, pour une fois, une lectrice bafouée dans ses gouts, une lectrice qui, heureusement, a su libérer le bouquin à temps, ce temps qui aurait dévoré une envie de lire. Je n’ai su arriver jusqu’au bout, mais, ayant survolé la dernière page je sais que la fin aussi est tout aussi frustrante. Quand on regarde un peu mieux, on pourrait se dire que l’auteur possède le mérite, tout de même, de rester fidèle à son ambition de pondre de l’inoccupé.

Liebster Award

Grâce à ce petit loup je renoue avec les TAGs littéraires, articles plaisant de lire car ils rapprochent et nouent un dialogue surtout celui là ! Malheureusement je ne sais pas vraiment parler de moi alors je m’excuse d’avance si ces onze points vous paraissent insipides. Le but de ce TAG : raconter 11 choses sur soi, répondre aux 11 questions et nominer 11 personnes pour répondre à 11 autres questions.

  • odilon-redon-reflexionsJ’aime la littérature classique, à vrai dire j’en raffole : de Musset à Hugo, de Charlotte Bronté à Jane Austen, de Théophile Gauthier à Huysmans. Ce sont des écrivains d’une autre époque auquel j’accorde toute ma confiance, souvent possédant des plumes merveilleuses, envoûtantes, qui me rendent parfois jalouse. Ce sont des lectures dont je ne me lasserai jamais, que je considère comme des oeuvres d’art, chef d’oeuvre m’apportant un grain de connaissance, une tempête de ressentis, une tornade d’inspiration pour mes romans toujours inachevés.
  • Il y a l’art, les peintures qui gouvernent mon existence. L’art et la littérature ne vont pas sans l’autre, les images parlent d’une manière différente mais tout aussi puissante. On s’immerge dans une vision tantôt apocalyptique, tantôt érotique. De mes mouvements qui me fascinent : le maniérisme, le symbolisme, le romantisme noir. Et ces quelques artistes qui me passionnent : Fussli, Delacroix (son Radeau de la méduse), Gustave Moreaux, Odilon Redon… Je pourrai en faire des listes entières mais je préfère disperser ces étoiles d’or tout au long du blog et des articles !
  • Je m’inspire, je me nourris et je crée. Touche à tout, curieuse de tout, la connaissance (internet alors) me permet d’approfondir mon univers, ce monde imaginaire que j’ai façonner depuis de nombreuses années. Les idées émergent, me hantent, des films se tissent avant de me coucher, les carnets sont les bienvenues (l’un pour les informations, les connaissances, les recherches, les citations et l’autre pour mes idées brouillons, pour mes bourgeons de romans, d’esquisses). Je suis une amatrice collectionneuse quand j’y pense, en plus de mes carnets, j’ai des tonnes de blocks à dessins, des sketch book pour croquer des images qui me hantent.
  • On dit de moi que je suis altruiste ou empathique. Mon ancien surnom : Will Graham.
  • Procrastiner pour une vie plus saine, c’est mon principe de vie.. Surtout pour le ménage, j’attends toujours Dobby (viens entretenir ma maison s’il te plait !)
  • Mon cerveau est une bourbe de tout et n’importe quoi, dissipée, débordée, toujours entre rêves et réalité. Je peux me lancer dans une discussion qui changera le monde mais les mots n’ont pas d’impact car j’ai une façon très spéciale de m’exprimer. Ajoutons à cela que j’entretiens mes expressions faciales dans le sens où je suis un livre ouvert. Impossible de mentir par exemple et quand je m’emporte je hurle un peu (et tous mes proches considèrent que je suis en train de gueuler alors que je suis passionnée).
  • Je termine les livres que je lis même si je les aime pas, j’ai toujours l’espoir ridicule que la fin arrangera le récit (ce qui n’est généralement pas le cas). J’avais besoin d’exprimer ma frustration sur ma lecture d’en ce moment Fay de Larry Brown (que je déteste de page en page mais que je terminerai quand même, manière pour moi de me dire que ça sera légitime quand j’écrirai sa chronique négative).
  • J’ai une grande passion pour les chats, ces petites bestioles ingrates et gracieuses, câlines et affectueuses. Des heures que je reste à les observer, j’en ai d’ailleurs un (c’est celui de mon copain) Lumo (pour Chalumot) qui dort parfois sur moi la nuit.
  • Je suis capable de rester des journées entières sur le net, à vagabonder sur les blogs littéraires. Drogues, je ne peux plus m’en passer et il est parfois compliqué de se sortir de cette toile d’araignée. A l’inverse je suis totalement immunisée contre Tumblr.
  • Même si je possède quand même plus de sept tumblr (je vous ai dis que j’avais un cerveau bordélique et le seul moyen que j’ai trouvé pour arranger ce problème c’est de ranger par catégories) : un sur les contes, un sur l’art, un sur la mythologie et les mouvements artistiques, un privé qui contient images et bidules pour mes inspirations etc… J’ai prévu d’ailleurs de faire un article sur ce hobbie de tumblr.
  • Je n’aurai pas du m’acheter ce petit netbook pour mes cours, car ce cours sur le paysagisme ne me parle pas du tout, au lieu de ça, je découvre les joies du jeu solitaire, la joie d’écrire mon roman en étant concentrée sur le son de la voix de mon prof. Expérience assez troublante car, pour une fois je peux faire deux choses à la fois (sauf prendre des notes).

Les questions de Maned Wolf !

  1. my-sweet-rose-john-william-waterhouseD’où vient l’identité de ton blog (titre, look) ? Il vient de loin ce blog, vagabonde, vadrouilleuse mais aussi quelques fois lassée, les pauses me sont bénéfiques pour prendre conscience de mes erreurs. Envole de pages c’est une histoire qui date de 2014 et que j’ai délaissé pour le reprendre ensuite, maintenant et qui, j’espère, restera un long moment sur la toile !
  2. Et si tu devais te définir en une citation ? « I am not sure that I exist, actually. I am all the writers that I have read, all the people that I have met, all the women that I have loved; all the cities I have visited. » de Jorge Luis Borges
  3. Plutôt sucré ou salé ? Sucré ! Mais vraiment beaucoup, j’ai appris (et c’est la seule chose que j’ai appris en physique chimie durant ma seconde) que le sucré c’était la saveur de l’enfance, que le palais se développait ensuite… J’en conclue que je ne perdrai jamais mon âme d’enfant même si je vis dans une dualité quasi constante.
  4. Ta chanson du moment ? Sans toi de Pomme (j’étais presque en train de l’oublier mais là je l’ai remise pour au moins une semaine encore), puis il y a l’album entier de Beatrix Runs d’Elizaveta.
  5. Si tu devais t’expatrier mais sans contrainte financière, où vivrais-tu ? Dans le monde entier ! Ca dépendrait de mes humeurs, de mes passions du moment, de ce que j’aurai envie d’apprendre là maintenant. Mais là maintenant j’irai certainement en Autriche ou en Angleterre.
  6. Le film que tu as vu, vu, vu et revu (et que tu reverras) ? Mon gros coup de foudre cinématographique c’est Broken, déjà par la sensibilité de la réalisation, le cadrage, l’esthétique explosive de sensation, pour les acteurs, pour la musique, pour l’histoire. Sinon j’en ai un deuxième qui m’a foudroyé également LAMB, celui-ci je suis en amour total, en extase ; je pourrai le regarder tous les jours tellement l’histoire me parle ainsi que la photographie et la musique !
  7. L’article que tu as en tête depuis un certain temps mais qui ne sort pas (manque de temps, mauvais angle d’approche) ? J’aimerai instaurer plusieurs rendez vous par mois (parce que j’ai dis que je procrastinais pour ma santé mentale), celui d’une découverte d’un artiste peintre, celui de réflexion sur un thème différent mais toujours sur la lecture, celui sur des mouvements artistiques. Mais ce genre d’articles prennent du temps à être construit pourtant je ne désespère et j’ai mon cours de deux heures le mardi après midi pour m’y consacrer (et mon carnet où je note tout). Celui que je prépare c’est une éloge sur la littérature classique qui, j’espère apparaîtra à la fin du mois prochain.
  8. Le livre qui t’a traumatisé (soit parce que tu as détesté, soit parce que le contenu t’a choqué) ? L’exorciste, j’en parle, je suis fan, j’ai une très très grande fascination malsaine pour le démon, et en même temps je suis mortifiée. C’est un livre que j’ai… je pourrai pas dire, juste expliquer que c’est une expérience de lecture plutôt impressionnante.
  9. Quel est ton regard sur ton propre blog ? (satisfait, fier, à améliorer, remboursez ?) Il y a toujours à améliorer, et le mien ne fait pas exception. On progresse et on évolue d’années en années alors pour le moment j’essaie de me focaliser sur ce que je voudrais transmettre et discuter au lieu de ne voir que les défauts (sinon je vais fuir TT)
  10. De quel roman aurais-tu aimé être le héros ? Esmeralda dans le Notre Dame de Paris, même si son destin est des plus atroces c’est une héroïne sacrée, une fillette particulière naïve et idéale.
  11. Qu’est-ce qui te fait lever les yeux au ciel à tous les coups dans un scénario ? Les personnages stéréotypés, les films et livres young adult qui me turlupinent car je sens l’appât du gain et la recette de cuisine à chaque phrase. Pourtant, quand il s’agit de se vider la tête et de dés-angoisser c’est vers ce genre là que je me tourne généralement. Quoi que j’en dise ils peuvent te redonner le sourire malgré leur nombre incalculable de défauts.

Mes propres questions 

  • Quel est ton écrivain préféré ?
  • Quelles sont tes passions ?
  • As-tu une envie inavouable, une passion, un petit quelque chose dont tu n’as jamais osé parler à personne ?
  • Regardes-tu des booktubeurs ? Si oui lesquels ?
  • Combien de temps passes-tu dans le mois dans une librairie ?
  • Un musée c’est quoi pour toi ?
  • Un album de BO à partager ?
  • Un tableau que tu adores, qui te transformes ?
  • Plutôt instragram ou facebook (tu as le droit de répondre aucun aussi) ?
  • Tu cuisines ? Quel est ton plat préféré  ?
  • Le personnage de roman que tu aimes, que tu chéries, que tu ne quitterais pour rien au monde et que tu défendras à corps et à cris ?

Je ne nomme pas de personnes, ce TAG a tourné sur les blogs depuis de nombreux mois (je pense du coup que beaucoup l’ont déjà fait) mais pour ceux que ça intéressent je suis vraiment curieuse de vous connaître d’avantage ! N’hésitez pas à le faire car c’est un article très amusant à écrire. Je te remercie petit loup pour cette nomination !

Throwback Thursday 1

Plusieurs fois j’ai vu ce rendez-vous et j’ai voulu tenter moi-même. Le principe est simple, chaque jeudi un thème est donné, un mot dont le but sera de donner un titre d’un livre.

Aujourd’hui le merveilleux, et quoi de mieux de vous présenter le merveilleux qui a bercé mon enfance, mon adolescence, et encore maintenant il bat fièrement dans mon coeur. Ce cher Peter monsieur l’enfant monstre (non parce que vraiment Peter n’est pas un ange) celui qui, pour se protéger de la vie des grandes personnes façonna le pays imaginaire. C’est la magie de l’enfance qui est conté dans ce fin roman, c’est une richesse incroyable,e une matière à réfléchir aussi. Si vous saviez le nombre d’heure que j’ai passé devant mon écran pour approfondir mes analyses, mes hypothèses, mes pensée sur ce roman. Il faut le dire il hante mon existence d’une manière extrêmement positive et j’ai l’espoir qu’un jour je le lirai tous les jours à mes enfants !

 

82f0b06b11114bed643691ff5836763c

L’exorciste

ktrxzm7b554e7bc00e39b121949438

J’avais dit que je lirai L’Exorciste de William Peter Blatty ce mois-ci tout du moins, je l’avais chuchoté dans l’oreille d’une amie qui s’est aussitôt écrié. Une autre m’a encouragé car elle l’avait lu, prédécesseur virtuose des mots, je me laissais tenter avec des souvenirs d’images d’horreurs ancrées déjà dans ma rétine. La couverture n’a rien de monstrueux, simple comme l’atteste le style chirurgicale, clinique, un style de journaliste qui sied bien à sir William ; elle démontre également un détachement certain concernant les personnages. Que cela ne tienne tout peut être dérangeant, angoissant, horrible dans cette œuvre plébiscitée ayant donné naissance au film base qui, encore aujourd’hui est une référence pour les nombreux cinéastes qui se lancent dans la terreur occulte.

Je commençais mon parcours avec des pensées ténébreuses, déjà la peur me serrait étroitement entre ses griffes démoniaque pour ne pas me laisser en paix. J’en ai même fais une nuit blanche pour ne rien exagérer. Je ne sais ce que j’ai trouvé le plus dérangeant et par cela je dis bien que tout, tout est froid, morbide, à l’image même de l’enfer dont il est question. L’enfer ici c’est une chambre, une chambre d’une gamine qui, par son innocence, son insouciance a découvert la table de oui-ja et a, alors, réveillé un puissant démon. William Blatty manie sa plume comme une épée aiguisée qui pénètre allègrement dans la chair du lecteur, de cela le film est resté très fidèle au livre faisant écho à ce sujet macabre. J’étais angoissée, superstitieuse d’ouvrir à nouveau le livre et d’être possédée à mon tour sans explications logiques, de devenir la gamine enfermée dans son corps, prise dans l’étau glaciale d’un démon, une haine pure, massacrante. Cependant, le roman a exercé sur moi un pouvoir de séduction (je ne le lisais pas la nuit) qui ne me laissait pas capable de l’abandonner, jusqu’au bout j’ai suivi les méandres d’horreurs, le parcours du démon, le combat contre le bien et le mal… et le doute. Car loin de rire sous les secrets qu’il dévoile de la chambre métamorphosée en paradis infernale, il s’amuse à causer  des questionnements tout au long du récit au père Karras. Est-ce que l’évangélique fillette est-elle possédée ou bien cela recèle d’une maladie mentale ? J’ai trouvé, d’ailleurs, le temps très long, je n’attendais que l’exorcisme en lui-même car je savais qu’il s’agissait de possession. Mais ce jeu pervers qu’il entreprend m’a clairement dégoûté. Tout un réseau de fils de fer, de citations, de sujets religieux hurlent dans le livre, la fin même prend des tours philosophique qui m’ont laissé coite par la pertinence des propos. Pourquoi un démon irait s’amuser avec une jouvencelle de douze ans ? Prendre le corps d’une petite fille n’est pas anodin, loin de là, et j’y vois clairement la destruction d’une innocence rafraîchissante par un vieillard âgé par la nuit des temps.

Il est des livres qui nous marquent à l’entonnoir, des livres qui bouillonnent entre nos mains désuètes alors qu’on essaie de percer cette richesse, l’esprit de l’auteur. Si j’ai lu ce livre, si j’ai pensé à cet ouvrage depuis le début du mois c’est parce que je voulais comprendre pourquoi une telle œuvre a été édité. Je ne sais si j’ai vraiment capté, j’ai pu analyser certains côtés et d’autre se sont révélés vains : il a pris un sujet tabou dont on ne parle plus vraiment à notre époque des plus rationnelle, où les croyances à l’occulte ont pour traits des superstitions. On ne voit plus vraiment Dieu de notre temps et le Diable n’en parlons même pas. Et pourtant ! Lorsque j’ai terminé ce livre, quand j’ai assisté à ces scènes noires, corrompues je me suis vraiment demandée où il avait vraiment pu tirer de ses paroles et les donner à Pazuzu. Car elles sont remplies de bile, de vomissures. Dans mon humble âme, innocente et naïve je n’arrive pas à imaginer un si ombrageux dessein que de faire du mal autour de l’entourage de la gamine. On en revient toujours au même point soit dit en passant, celui du dérangement prenant aux tripes. C’est une haine pure, de celle intense, impalpables, incompréhensibles. Je n’y ai pas vu d’allégorie de l’être humain, là c’est pire que tout ce qu’on peut imaginer. J’en perds même mon latin. Néanmoins le livre est très bien renseigné, Monsieur William est un journaliste de base et je pense qu’il a écrit ce livre dans cet esprit, alors pour ce qui est des faits et des informations données je lui fais totalement confiance, j’ai appris de nombreux faits divers qui ont pour cause les faits inexplicables.

Cela fait deux jours que j’ai terminé ce roman pourtant c’est comme si j’avais bu de l’alcool un long et fin breuvage de terreur. Je ne m’en remets pas, les délicieuses promesses de ma PAL attendra encore un ou deux jours pour que je puisse ingurgiter ce contenu. Je ne sais quoi dire d’autre au vu de cette critique, je pourrais vous révéler quelques citations que j’ai surligné au cours de mon périple. J’ai d’ailleurs remarqué que le style froid et sans fioritures pouvait offrir quelque chose de très joli ce qui a pour effet de nous faire froncer les sourcils plus encore. Je ne pourrai conseiller cette lecture aux plus courageux, ceux qui ne croient pas aux démons ni aux diables ni au paranormal, les fans de sensations fortes… seulement personne n’est à l’abri s’il n’y avait que ce sujet de fâcheux, il y a ce qui englobe le reste.

Les fiancés de l’hiver

a46921

Voyage au cœur de l’hiver, le froid tremble, blanc et magique, dépaysant et léger ; au cœur d’une citadelle enneigée, elle vole par l’imagination d’un écrivain bourré de talent. Le dépaysement est complet, on nage d’abord sur une arche familiale où les éclats de rires, le bonheur, l’insouciance naviguent sur les personnages légers dont l’une se révélera l’héroïne d’une aventure d’une vie, sa vie. Ophélie, l’enfant recluse dans son musée se révèlera impératrice courageuse, songeuse, toujours marbrée de faiblesses, de failles la rendant attachante, vulnérable, une jeune fille tantôt banale, insignifiante, forte aussi, décidée ; d’un mariage qu’elle n’aura pas cherché elle sera obligée. Son prétendant est son opposé, Thorn le glaciale tout aussi fascinant que cette enfant fragile ne s’affaiblira pas quand il ressentira un grain d’amour pour cette maladroite, pourtant le couple ne se dessine pas sous de bons auspices, ils ne s’adaptent pas, ne s’adoptent pas au premier abord. Le temps joint ses mains dans une mélodie atypique, réaliste, les deux protagonistes sont construits dans l’équilibre d’un univers maitrisé, d’une relation prenant son temps, paresseuse peut-être mais grisante sûrement. Ils sont deux animaux méfiants qui, au fil des pages, des lignes se rencontreront. C’est mêlé de sentiments, de ce début que l’on a tous ressenti, de ces inquiétudes connues par tous.

Le réalisme prend une teinte légère, le sombre nuancé de poésie quand on s’immerge dans le décor des arches différentes. Anima puis la Citacielle, toujours cette dualité, l’une est progrès tandis que l’autre se montre féroce, sauvage, un territoire inconnu qui se montrera contrôlé par une horde d’une famille dissipée en plusieurs clans. Alors le mariage devient un enjeu politique, les pouvoirs de notre jeune adorée sont convoités pour une ombre livresque mystérieuse. On s’attache, on se débat, on ne lâche pas les pages : jusqu’au bout on partage l’existence à l’origine calme de la demoiselle transformée en tempête, incertitude, incompréhension ; pour survivre, elle se métamorphosera, c’est là une métaphore d’un bourgeon grandit, devenant rose toujours aimant les principes. La neige s’élance au-delà du roman, on sent, on imagine, les esquisses s’affolent dans notre imagerie collective, d’ailleurs, les références font plaisir car elles parlent d’un onirisme artistique : Myasaki puis A la croisée des mondes, symboles d’une jeunesse, d’œuvres merveilleuses ; Madame Dabos dilue ces petits détails sublimant son intrigue, donnant une magie d’un voyage.

On doute de son intégrité avant d’ouvrir le premier tome, mais, dès ces premières pages l’on se sent happé, enlevé pour vivre dans le métro, dans le train, dans son lit, une aventure au-delà du quotidien ; pour voir des planètes de nouveautés, de poésie subtiles, de décors foisonnant. L’auteur nous invite dans son imaginaire, partageant avec nous non seulement une histoire, une intrigue menée avec délice, mais aussi dans un univers coloré, pétillant, acidulé. Une ronde, une danse dans laquelle se réunissent des existences, des caractères multiples. Ils ne sont pas stéréotypés comme la plupart de ces personnages de papier Young Adult, ils sont chair et ambitions, principes et dévotion, force et faiblesses. De personnage que l’on aimera, d’autre que l’on exécrera, les affinités se délitent, tous ont une tâche d’attachement, une humanité dérivant dans leur prouesse de personnalités marquées.

Je craignais, je ne crains plus. Le coup de foudre n’opère pas car la plume semble hésitante (et je suis méchamment sélective sur le style) seulement elle offre vie à toute une palette, tout un monde flamboyant sous des étendues de neiges ; un peu d’Alice aux pays des merveilles aussi apparait par ces manies amusante d’un lieu changeant, d’une zone de confort jouant avec les habitudes de lecture. L’on aime à se blottir dans ce palais, dans ces ruelles, suivant le sillon de notre jeune pousse innocente. Quelques éléments comiques, cocasses s’imbriquent dans le récit par les attitudes vibrantes de nos préférés, des remarques bien senties jaillissant d’entre les lignes. La présence de l’écrivain tressaute de temps à autre, chose que j’ai vraiment apprécié. Elle connait, elle aime son au-delà forgé. C’est une noyade dans le cœur d’un éternel voyage, une invitation sucré de se plonger dans les aventures fabuleuses d’Ophélie et de Thorn, l’inspiration nordique flottera par les noms et les détails de ce pays enchanteur, un conte se formera, renouant pour les grands avec cette sensation de mélancolie d’une jeunesse perdue mais retrouvée avec ce livre dans nos mains. C’est une française représentant ce genre sur exploité aux Etats Unis, qui peint un chemin pour notre pays. Serait-elle la nouvelle Rowling qu’elle le mériterait totalement.

La compagnie des loups

691452_8417353

Après une longue pause de deux semaines où je n’ai lu pratiquement aucune pages sauf de ce recueil de nouvelle, je reprends le rythme habituelle de mes lectures petit à petit. Je ne saurais expliqué pourquoi ni comment mais le fait est que la période d’Octobre est assez souvent similaire à suicide créatif de ma part. Ajoutons à cela ce côté morbide de mes lectures passées qui, je dois l’avouer, m’ont causé un choc par leur contenu ; La Compagnie des loups est dans ce même registres où les phrases sonnent avec plus de célérité et de passion encore que L’Exorciste. C’est la quatrième de couverture séductrice qui tel un cercueil de beauté m’a ravie dans des contrées hors du temps, de l’espace ; un pays imaginaire où plusieurs histoire découlent d’une ambiance parcheminée à l’érotisme. Cependant oubliez tout de suite les Fifty Shade Of Grey ; celui-ci réside dans l’anonymat par l’implacabilité de ses tournures de phrases ô combien magnifiques. Un vrai régal pour la littéraire que je suis !

Je songe à la difficulté d’écrire un avis constructif sur un  recueil de nouvelles. Comment peut-on être juste en quelques paragraphes ? Comment vous faire comprendre la litanie esthétique dont recèle ce joyaux que je ne cesses de relire ou, tout du moins, certains passages. J’ai gribouillé presque toutes les pages car la magie des mots est on ne peut plus véridique et tient dans la subtilité, la poésie, l’effervescence, la profondeur des thèmes abordés. Grand amatrice de contes de fée, je suis tombée sur le trésor de tous fan qui se respectent, des nouvelles ni trop longues ni trop petites censées nous combler de leur bienfaits. Attention néanmoins, La compagnie des loups n’est pas à mettre entre toutes les mains surtout pas à celles d’enfants innocents car ce bijoux sécrète des réflexions très sombres, très difficiles à comprendre. Il a été d’ailleurs vaste pour moi et, je sais que, si je le relis, je découvrirais autre chose, d’autres sens ; définition même d’un chef d’oeuvre. Dans la préface est dit qu’Angela Carter avait étudié Sade durant ses études, en a fait une thèse publiée ; pourquoi s’occuper d’un écrivain véreux, d’un dangereux homme frisant le malsain dans tous ses textes ? Amoureuse de l’ingéniosité, de la créativité de certaines personnes je me suis pendue de joie par cette pensées égarée, philosophique de l’auteur qui, non sans tact nous explique que les femmes peuvent être libérer, deviennent le bourreau. Je ne suis pas aussi talentueuse qu’Angela et je vois bien que je rends ses paroles un peu incompréhensives. Il faut lire pour réaliser que ces nouvelles sont des perles.

Reprenant les contes célèbres de notre insouciance, c’est une fileuse de fils d’or qui relie l’esthétique au récit ; de Barbe Bleue elle en fait un monstre, de la Belle et la Bête elle en fait des êtres brisés où se complet un bout de la pensée de Sartre, Alice, Blanche-Neige, Le chat botté (cette nouvelle est la moins aimée), tous les personnages naufragés qui nous ont permis de grandir, de nous construire sont mis en scène par une atmosphère, une ambiance assez noir. Pas d’humour, pas de légèreté, nous entrons dans un temps imaginaire qui de limite n’en a pas. Ce sont des mots éparpillés qui prennent leur force dans ce que nous sommes, chacun interprétera de façon différentes quand bien même il y aura quelques minces filets de bonheur éparpillés. Ce livre est subjuguant non pas dans le sens où je n’ai pu le lâcher jusqu’au l’entièrement du jour mais par les passages d’une magnificence époustouflante où mon coeur battait, se rompait pour apprécier le chant des événements. Je crois que me répète mais je suis tombée amoureuse comme une belle écervelée de la plume aiguisée de l’écrivain. J’ai mangé, j’ai dégusté, j’ai aussi réfléchi sur la définition de certains mots, cela m’a motivé pour écrire, à attiser peut-être ma jalousie de m’avouer que je ne dépasserais sûrement pas ce talent un jour. Il est marrant de constater que je n’ai pas grand chose à dire, à analyser, la grande chose qui m’aura marqué est le style palpable de l’écrivain, transcendant les maux et transportant dans les limbes de la narration.

La magie de la littérature prend encore une fois son sens avec La Compagnie des loups qui, loin de se détériorer restera, je pense, un livre phare pour tous amateurs de contes transposés dans notre présent. D’ailleurs Angela, loin de reprendre au mot dit l’univers globale de ces récits d’apprentissage en métamorphose le sens : des jeunes filles enlevées mises aux mains des bourreaux qui prennent pouvoir à leur tour. C’est un essaie sur le féminisme, une satire sur l’illusion des hommes que de condamner la femme à rien d’autre qu’un corps. Ce recueil n’est pas dans le même genre que les livres que l’on vend aujourd’hui, contemporains, racontant une histoire, La compagnie des loups est bien plus, nous fait réfléchir sur des thèmes cachés, sur des secrets voilés, on en ressort grandi plus attisé. J’apprécie énormément la trilogie de Sarah Pinborough : Poison, Charme et Beauté ce dernier je dois bientôt lire et, à elles deux, développent une modernité à leur manière. Nous revenons à l’essentiel des contes de fée : celui de nous éduquer, de nous faire prendre conscience de certaines choses, par la richesse textuel chez l’une, par l’humour et l’intrigue chez l’autre. Choisissez, vous en ressortirez comblé.