ENCORE UN

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Non mais cette fois-ci c’est la bonne et l’irréversible. C’est le nouveau chemin sans qu’un homme puisse le supprimer quand il en a envie. Je vous invite à me rejoindre ici.

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On y parlera pas que de littérature car j’ai envie de partager mes réflexions sur l’art, les mouvements artistiques, l’anthropologie, la psychologie, le cinéma, les série, la littérature… Il s’ouvre au gré de mes envies.

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TROIS FIGURES EFFRAYANTES

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« Puis s’ajouta la battue d’un autre tambour, celui d’un autre géant marchant à quelques pas du premier, mais aucun des deux monstres, concentrés sur leur instrument, ne prêtait attention au rythme de l’autre. »

Je n’ai jamais été friande des fêtes cependant digne est de constater que j’adore celle de Saiman ou Halloween pour les intimes. C’est l’occasion de s’allonger sous le plaid, près d’un chocolat viennois avant de souffler les lumières, d’appeler la peur, d’affronter ses angoisses. Elle date de loin cette tradition, de très très loin dirais-je, toujours présente, elle esquisse notre vers le surnaturel. La mort a toujours été une de nos préoccupations, Halloween le démontre si bien. Les Mésopotamiens (il y a très très longtemps) avaient l’occasion de fêter leurs morts une fois par mois, ils leur réservaient une place à leur table. Ainsi, les morts s’accompagnent des vivants ou les vivants désirent retrouver leurs défunts non plus lors de la cérémonie funéraire, lors d’une fête exclusivement réservée pour eux. Encore une fois, elle est liée aux récoltes, à la lune, survie des nations et des peuples, puisque les Celtes allumaient des feux de joie au sommet des collines pour accueillir leurs disparus. Fêtons dignement Samain avec trois titres particuliers, dont l’un titille nos grandes frousses, celles de l’inconscient.

PS : j’ai un rythme de tortue et Halloween étant passé…


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Hannibal de Thomas Harris

hannibal-lecter-tome-1-dragon-rouge-269234L’histoire débute à l’aide d’une ancienne amie, celle-ci amoureuse des figures violentes, perturbées, démoniaques. La série d’abord a achevé de pousser le souffle de la tentation sur mes yeux éblouis par du baroque, ces plan chef d’œuvres ornés de références, de symboliques. J’étais réticente, il faut bien l’avouer, ayant essayé plus d’une fois à m’immerger dans le livre au style froid, clinique. Mads Mikkelsen m’a bien aidé. Et la lecture est devenue facile, à tel point que j’ai lu les quatre tomes, les dévorant, ne me fiant pas au style mais plutôt à tout ce qui entourait l’univers malfaisant, ces liens malsains, cette dynamique insoutenable.

On parle là d’un vrai psychopathe. Largement comparé au fil du récit à Lucifer lui-même. La tête de Mads (parce que cet acteur est un dieu, que je l’aime de toutes mes pauvres forces) est excellente dans ce rôle et, de voir la série avant de lire, étrangement, fut très intéressant. Comme je suis ivre de la belle poésie et du style lyrique en général, là, j’ai pu imaginer comme je le voulais, en glanant et récoltant des informations. Le style se pose en conquérant d’une histoire, pas de belles phrases au pathos, des faits tissés, des joutes verbales terrifiantes et des descriptions à la géométrie cadrée.

Livre et série se complètent assez facilement. En réalité, la série étant une très libre adaptation, je me suis sentie libre de constater qu’Hannibal, au delà de sa carrure imposante, au delà de sa psychopathologie, semblait un garçon attachant. De ce qu’il est devenu, il expliquera que c’était patent, qu’il s’est fabriqué, de loin, l’idée épouse l’effroi à la perfection. Si le passé ne rassure plus, si le passé ne peut fournir des explications, si le passé n’esquisse plus des circonstances atténuantes, que reste-t-il du sens à ces actes meurtriers ? L’homme (et moi du coup) aime à croire qu’il porte la bonté en son coeur, inimaginable la pensée de succomber à l’atroce avec plaisir.

On nage dans la terreur, le désespoir, l’agonie suprême. N’empêche que le plaisir malsain s’engouffre (ou est-ce simplement mon esprit aimant à mettre des personnes atypiques, empruntes de violence ensemble…) dans l’esprit, on a hâte de retrouver les paroles acerbes pourtant douées du talent du démon. Les quatre tomes et la série à voir absolument, au risque de manquer les rires du diable et les pleurs de l’agneau.


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La servante ÉCARLATE de Margaret atwood


 716eml62biglIl a défrayé les chroniques, les réseaux, il a chamboulé de millions de lectrices, il a supporté le poids de notre société, transformant la misogynie, la grossissant. Le livre se peint de traits grossiers, des lignes de faille se nuançant de mélancolie ; ici les larmes se versent, la peur s’étreint dans les  entrailles. J’ai connu ce livre avant l’annonce de la série grâce au slogan tapageur d’un livre pour jeunesse. Je ne lis plus de ce genre là, cependant je dois cette découverte grâce Au joyau, dystopie édulcorée young adult.

Par d’enfant ici, la majorité des femmes ne pouvant plus procréer, leur organisme n’offrant plus le don de la vie. Dans cette société totalitaire, elles sont classées en trois, séparées en trois catégories. Elles ne possèdent plus d’intériorité, de goûts, de plaisir, d’envie, de désirs, d’ambition. Les épouses servent les maris tandis que les martas servent les maisons des épouses et les servantes écarlates servent à la procréation. Rare et prisées, ces dernières subissent des viols à répétition pour le bien de la communauté. Autant dire de suite que, révoltée déjà par notre temps actuel et sa culture du viol se proliférant, ce roman fut la goutte d’eau. Le poison affectueux s’immisçant dans les veines, amoureusement, pernicieusement, vicieusement. Parce que la plume est si jolie, si emphatique, si triste que l’on pleure avec Jeffred.

J’ai aussi voulu claquer Jeffred de bien des manières différentes, malgré une émotion et une compréhension pour ce personnage me serrant le coeur à la volée des pages. C’est cet univers dépeint, froid, clinique, outrageant pour la femme, non pas Jeffred, courageuse et forte, qui me révolte depuis chaque paragraphe. Il mérite de posséder une place dans cette sélection effrayante puisque, tout comme l’exorciste, La servante écarlate grossit la vérité. Il est même pire que cette histoire de possession car, si l’on n’y prend pas garde, notre condition pourrait bien se révéler aussi vraie que celle du récit.


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la maison dans laquelle de Mariam Petrosyan


 81kaint-aulUne gueule de bois littéraire, ce roman m’a accompagné dans l’hiver hargneux de ce mois de février dernier, un mois où je me suis engouffrée, souris joyeuse entre les pages de ce magnifique livre. En ayant écrit une chronique, je pourrai dire tellement sur cette révélation. La maison prend notre inconscient en otage, un effet drastique quasiment mystique. La maison dans laquelle est de celle qui perturbe au long de la lecture, offrant sueur froide généreusement, fascination amoureusement.

Envies et désirs se joignent, valsent, s’éparpillent dans l’imagination carburant à vitesse lumière. Les images se faufilent, les moments, la psychologie de ces enfants livrés à eux-même. Lecteur, nous entrons dans un monde d’une psyché impressionnante, un pays aux merveilles vengeur où les désirs les plus sombres, la bestialité humaine, nos péchés sagement muselés apparaissent dans les couloirs et les rituels façonnés. Ces enfants c’est nous, les jambes boiteuses nous les possédons tous. Il m’a fallut un moment, après avoir refermé le livre, pour digérer ce monument littéraire, pour comprendre, pour chercher dans les dédales de mon esprit. Point de critique ni d’objectivité concernant ce doux trésor. C’est un livre univers s’ouvrant dans une maison en ruine, dans un pensionnat reflétant notre monde intérieur et notre société extérieur.

De mots pour décrire, la peur et la jouissance résument les sensations : effroi d’être soi même, de s’accepter dans ses pensées les plus obscures, de se combattre soi-même. Le livre est une extrême catharsis. A l’histoire se répercute notre propre intérieur que l’on bâtit avec difficulté mais courage.


Quel est le livre qui représente votre plus grande frayeur ?

Farandole des nouvelles

Peut-être que lire et écrire, comme rêver et penser, ne servent qu’à faire baisser l’intensité du bruit dans le monde. En ombre sauvage et sournoise, je suis retournée sur wordpress. Cette plateforme me manquait car elle était pratique, simple d’accès et… répondre aux commentaires, avoir une véritable conversation me manquait. Paradoxe si c’est possible puisque […]

Le gang des rêves

Il fut ma lecture de deux semaines, long pavé, page-turner aux personnages éblouissants, aux parcours divers, sombres, l’espérance bat les pavés de New-York, elle foule de ses ailes l’écriture simple, humble, un peu trop conventionnelle du Gang des rêves. Le titre est déjà une invitation au voyage, un accès à l’imaginaire, un chemin à croire, […]

Léviathan

Il s’arrêta et s’appuya au mur d’une maison. Puisque le passé lui donnait de telles garanties d’infortunes pour plus tard, quel bien espérait-il de l’avenir ? Pourquoi se dire que dans un an, dans deux ans, il serait peut-être heureux ? n’était-il pas tout aussi niais que jadis, lorsqu’il attendait qu’un généreux destin lui prodiguât […]

Fay

L’apaisement est anesthésié par un courroux ardent, une rage bâtie de fer blanc, de mots douloureusement simples, douloureusement pâles. La plume de Larry Brown sonne la trompette de la lassitude, les descriptions fades semblent étudiées pour percer au cœur du lecteur une simagrée de tromperie de qualité. La quatrième de couverture s’arrange pour un monde […]